D'autres souvenirs, comme des petites bulles qui remontent à la surface...
L'escalier poncé, vitrifié, peint par mes soins pendant ces semaines de "repos" prénatal (!). Le soir où je l'ai considéré comme "fini" et où avec les enfants on l'a décoré de bougies pour le mettre en valeur, atmosphère magique dans le soir qui tombait.
La soirée "gaufres sans Papa", retenu au bureau.
Le jour où Romane a rassemblé au milieu de sa chambre tous ses animaux en peluche, s'est couchée sur eux pour les arroser de ses larmes, en criant "
je ne veux pas que Bidule prenne mes doudous"...
Le CD de Joe Dassin qu'on écoutait en boucle dans la voiture à cette période, les enfants qui chantaient avec le disque
Les petits pains au chocolat.
La visite à la bibliothèque jeunesse du quartier, un jour où je me sentais légèrement euphorique, avec mes caisses de livres, mon gros bidon et mes trois gamins rayonnants, déjà fiers de leur futur petit frère. Les regards sur moi, les sourires que je rendais... que je
distribuais.
Les petites voisines (presqu')aussi impatientes et joyeuses que nos enfants.
L'après-midi "soins de beauté et
relooking" entre copines, à quelques jours de la fin de ma grossesse. Un des plus beaux cadeaux de naissance que j'aie jamais reçus je crois, et certainement le plus original. Un autre jour plutôt euphorique, d'ailleurs. La surprise un peu effrayée des enfants à découvrir ma "nouvelle tête". Les yeux brillants de mon homme, par contre, quelques heures plus tard, découvrant que sa femme avait rajeuni de dix ans. ;-)
La dernière brocante,
entre copines aussi, bourse aux jouets dont j'ai ramené le petit tableau noir qui a servi pour les faire-part.
Mme
La Dilettante, à quelques rues de chez moi, son sourire, sa petite déjà dans ses bras, enroulée dans la couverture bleu horizon au point mousse, alors que quelques jours plus tôt on comparait encore nos gros ventres...
Jusqu'au tout dernier jour, mon vélo pour les petites courses dans le quartier.
Le minuscule pyjama en éponge velours taupe, à petits boutons de nacre, rajouté dans la valise le jour de son achat qui était aussi, (et cela je ne l'ai su qu'après, bien sûr), la veille de sa naissance. Il l'a donc porté le surlendemain, ce pyjama, pour rentrer à la maison...
Une grande et belle vague de tendresse qui nous portait et nous enveloppait...
Et Joe Dassin encore :
"Qu'est ce qu'on était fous,
qu'est-ce qu'on s'en foutait,
qu'est-ce qu'on était bien"
:-)